Les fées de vers Chastel
Vous savez
que dans la commune de Monteil, vers Chastel-Marlhac, il y a un beau
rocher qui est bien haut – cinquante à quatre-vingt
mètres de hauteur, et qui fait comme une langue –
c'est-à-dire qu'il y a le précipice sur trois
côtés et qu'il ne tient pas par un côté
à la terre qui est autour.
Dans ce
rocher, il y a des grottes, et les gens du coin, comme il y a des
petits arbres qui poussent par là, envoyaient les chèvres
qui allaient y broûter. Les chèvres -vous savez que les
chèvres ça monte bien par les rochers !- montaient comme
elles pouvaient, et, quelquefois, restaient coincées
(s'enrochaient). C'est-à-dire qu'elles étaient
montées au milieu du rocher et ne pouvaient plus redescendre.
Alors, les
gens du village de Serre, qui est au pied de la falaise, allaient les
chercher avec des cordes. Et, en montant le rocher, il voyaient un peu
ce qui se passait dans ces grottes. Et il paraît que dans ces
grottes il y avait des Fées.
Les
Fées, qui voulaient vivre sans que leur monde soit connu des
hommes, se mirent en colère. Un soir, quand la nuit tombait,
elles descendirent au village, volèrent un petit enfant, le
prirent dans leurs bras, le montèrent sur la falaise et
l'enfermèrent dans la grotte où elles vivaient.
Pour
sûr que les gens du village, à leur tour, se mirent en
colère contre les Fées, et, la nuit, avec des cordes,
comme ils purent, escaladèrent le rocher. Ils montèrent
jusqu'à une grotte, et là, ils ne trouvèrent pas
l'enfant du village mais ils réussirent à attraper un
enfant de Fée, et le descendirent au village.
Et, alors
ce fût la bataille entre les gens du village et les Fées,
tellement que les Fées, toutes tristes de savoir qu'un de leurs
enfants était entre les mains des hommes, firent beaucoup de
bruit. Une nuit, de la pointe du roc d'où deux aiguilles se
détachent, elles pleurèrent et crièrent :
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« Rendez-moi ma petite Fée, je vous rendrai votre
Baptisé ! »